Le match de Serie A entre l'AC Milan et Côme (1-1), ce mercredi, a été marqué par les grossières erreurs des deux gardiens français, Mike Maigna...
Le football a cette cruauté impitoyable : il suffit d'une fraction de seconde pour transformer un rempart héroïque en coupable idéal. Ce mercredi soir, sous les projecteurs de San Siro, le duel entre l'AC Milan et Côme promettait une opposition de styles entre un cador historique et un promu ambitieux. Mais au lieu d'un récital tactique, les spectateurs ont assisté à une tragédie en deux actes, portée par deux acteurs que l'on n'attendait pas à pareille fête du pire : Mike Maignan et Jean Butez. Pour l'école des gardiens français, la soirée a tourné au fiasco collectif.
Le séisme Maignan : quand le mur vacille
D’ordinaire, Mike Maignan est l’assurance vie de l’AC Milan. Depuis son arrivée en Lombardie pour succéder à Gianluigi Donnarumma, le Guyanais a habitué les tifosi à l'excellence, s'imposant comme le patron de la défense et le digne héritier de Hugo Lloris chez les Bleus. Pourtant, face à Côme, le "Magic Mike" a perdu ses pouvoirs. Sur une action qui semblait anodine, une mésentente flagrante ou un excès de confiance coupable a conduit à une boulette monumentale, offrant l'ouverture du score aux visiteurs.
Tactiquement, Milan souffre cette saison d'une fragilité défensive chronique que Maignan parvenait souvent à masquer par des exploits individuels. En commettant cette erreur technique grossière — une sortie mal assurée et un ballon relâché dans les pieds adverses — le portier tricolore a non seulement plombé les siens, mais il a aussi fissuré ce sentiment d'invulnérabilité qui le caractérise. À San Siro, le silence qui a suivi sa bévue en disait long sur la stupéfaction d'un public habitué aux miracles de son dernier rempart.
Jean Butez, le miroir déformant du destin
Le scénario aurait pu s'arrêter là, mais le destin a décidé de s'acharner sur les gants français. De l’autre côté du terrain, Jean Butez, arrivé cet été à Côme après avoir fait les beaux jours de l'Antwerp en Belgique, a répondu à Maignan par une sortie tout aussi catastrophique. Alors que l'équipe entraînée par Cesc Fàbregas tenait son exploit, Butez a manqué son intervention aérienne, permettant au Milan d'égaliser (1-1) sur un plateau d'argent.
Pour Butez, qui tente de se faire un nom en Serie A au sein d'un projet de jeu ultra-offensif et risqué, cette erreur pèse lourd. Côme pratique un football de possession, demandant à son gardien de jouer haut et de prendre des responsabilités. Mercredi soir, cette prise de risque s'est retournée contre lui. Ce duel à distance entre les deux compatriotes s'est transformé en un miroir déformant où chacun a renvoyé à l'autre l'image de sa propre faillite technique.
Au coup de sifflet final, ce match nul laisse un goût de cendres pour les deux formations. L'AC Milan rate l'occasion de recoller au wagon de tête, tandis que Côme laisse échapper une victoire de prestige qui leur tendait les bras. Pour Mike Maignan et Jean Butez, il s'agira désormais de panser les plaies psychologiques. Dans le football de haut niveau, le pardon est rare, et la mémoire des supporters est souvent aussi courte que la trajectoire d'un ballon mal capté.