Depuis sa victoire contre Chelsea dimanche (2-1), Arsenal est critiqué de toute part. En effet, équipe parfaitement rodée sur corners, Arsenal a in...
C’est un paradoxe qui brûle les lèvres de tous les puristes du Royaume. Dimanche soir, au sortir d’une victoire étriquée mais capitale face à Chelsea (2-1), Arsenal a une nouvelle fois braqué le coffre-fort de la Premier League. L’arme du crime ? Le coin du terrain. Avec deux nouveaux coups de casque salvateurs, les Gunners portent leur total à 16 buts inscrits sur corner cette saison. Un chiffre vertigineux qui crispe une Angleterre habituée à voir le club du Nord de Londres briller par ses arabesques techniques plutôt que par sa puissance athlétique. Face aux critiques dénonçant un jeu "réduit aux coups de pied arrêtés", Mikel Arteta a dégainé une réponse lunaire, presque philosophique, envoyant valser les derniers romantiques du football de possession.
L’alchimie froide de Nicolas Jover
Pour comprendre ce raz-de-marée, il faut plonger dans les carnets de notes de Nicolas Jover. Arrivé de Manchester City dans les bagages d'Arteta, l'entraîneur des phases arrêtées a transformé Arsenal en une machine de guerre géométrique. Ce n'est plus du football, c'est de l'ingénierie. Dimanche, face aux Blues, le marquage de zone de Mauricio Pochettino a explosé sous la pression des blocs et des écrans parfaitement coordonnés. Avec des tours de contrôle comme Gabriel Magalhães et William Saliba, chaque corner de Bukayo Saka ressemble à une sentence de mort. Ce "Corner FC", comme le surnomment ironiquement ses détracteurs, n'est pas le fruit du hasard, mais d'une obsession maladive pour les détails. Là où l’Arsenal de l’ère Wenger cherchait le but parfait à travers quarante passes, celui d’Arteta cherche l’efficacité brute, celle qui fait trembler les filets quand le jeu stagne.
La provocation d'Arteta : "Le but est une émotion, pas une esthétique"
Interrogé sur cette dépendance présumée aux phases arrêtées, Mikel Arteta n'a pas cherché à brosser les critiques dans le sens du poil. "Pourquoi devrais-je m’excuser d’être parfait dans un domaine du jeu ?", a-t-il lancé avec un sourire teinté de mépris. Le technicien basque a ensuite enchaîné sur une envolée dont lui seul a le secret, expliquant que le football moderne était une "guerre d'espaces" et que le corner était "la forme la plus pure de domination territoriale". Pour Arteta, l'esthétique du jeu ne réside plus dans le mouvement fluide, mais dans la précision de l'exécution tactique. Une sortie jugée arrogante par certains, visionnaire par d'autres, mais qui marque une rupture nette avec l'ADN historique du club. Arsenal ne veut plus être l'équipe qui joue bien ; elle veut être l'équipe qui gagne, peu importe la manière.
Au final, que reste-t-il de la polémique ? Trois points de plus dans la besace et une place de leader consolidée. Si les observateurs s'offusquent de voir les Gunners se transformer en une version de luxe du Stoke City de Tony Pulis, les supporters, eux, savourent ce nouveau pragmatisme. Dans une course au titre qui se jouera sur des détails, posséder une telle arme de destruction massive est une bénédiction. Tant que le drapeau de corner sera le point de départ de leur succès, Arteta et sa bande continueront de snober les critiques avec une insolence rafraîchissante.