La saison se décante en Italie: si Venise a acté son retour en Serie A un an après l'avoir quittée, Vérone et Pise font le chemin inverse et sont...

Le verdict est tombé, brutal et magnifique, comme seul le Calcio sait en offrir. Dans un vacarme assourdissant qui a fait vibrer les eaux de la lagune jusque dans les moindres calli, l'Italie du football a scellé son destin ce week-end. Un an seulement après avoir quitté l'élite, le Venezia FC retrouve la lumière de la Serie A. Mais derrière l'euphorie vénitienne, le glas a sonné pour deux places fortes du pays : le Hellas Vérone et Pise s'enfoncent dans les méandres de la Serie B. Une redistribution des cartes qui redessine la géographie du football transalpin.



Venise : le retour du Phénix Arancioneroverdi



Il y a douze mois, les larmes coulaient sur les joues des supporters au stade Pier Luigi Penzo. Aujourd'hui, les gondoles se parent de orange, de vert et de noir. Le club dirigé avec une ambition cosmopolite a réussi son pari : ne pas s'éterniser dans l'antichambre. Sous l'impulsion d'un football proactif et d'une structure tactique résolument moderne, les Vénitiens ont survolé les débats lors de la phase finale. Au-delà du folklore — ce stade unique accessible uniquement par bateau — c'est un projet sportif cohérent qui remonte.



Tactiquement, Venise a su s'appuyer sur une colonne vertébrale solide et une efficacité redoutable dans les transitions, un style qui avait tant manqué lors de leur dernière pige en Serie A. Ce retour express témoigne de la maturité d'un groupe qui n'a pas explosé malgré la relégation, conservant ses cadres pour reconstruire immédiatement. Le stade Penzo va de nouveau vibrer face aux mastodontes de l'Inter ou de la Juve, offrant au championnat italien son écrin le plus romantique, mais aussi l'un de ses plus hostiles pour les visiteurs.



Le séisme Vérone et la désillusion de Pise



À l'autre bout du spectre émotionnel, c'est la sidération. Le Hellas Vérone, club historique titré en 1985, quitte l'élite après une saison qui a ressemblé à une lente agonie. Malgré une ferveur populaire qui ne s'est jamais démentie au stadio Marcantonio Bentegodi, les carences offensives et une gestion instable en coulisses ont fini par condamner les Gialloblù. C'est un monument du football italien qui vacille, victime d'une irrégularité chronique et d'un manque de renouvellement tactique flagrant face à des concurrents plus mordants.



Pour Pise, la chute est tout aussi douloureuse. Les Toscans, qui caressaient l'espoir de retrouver la gloire des années 80, voient leurs ambitions se briser net. Après avoir flirté avec les sommets de la Serie B ces dernières saisons, ce retour à l'échelon inférieur sonne comme un terrible aveu d'impuissance. Pour ces deux places fortes, le purgatoire s'annonce long et périlleux, tant la Serie B est devenue un marathon épuisant où les budgets ne garantissent plus le succès.



Cette saison s'achève donc sur une leçon de résilience pour Venise et une mise en garde pour les autres. En Italie, le blason ne protège de rien. La Serie A retrouve son joyau lagunaire, tandis que Vérone et Pise devront puiser dans leur identité profonde pour espérer, un jour, revoir les sommets. Le Calcio ne s'arrête jamais, il se régénère dans la douleur et la passion.