Joueur du PSG entre 1992 et 1995 avec notamment un titre de champion de France, David Ginola a été émerveillé par le nouveau sacre du PSG en Ligue...

Le Paris Saint-Germain est enfin sur le toit de l'Europe, et avec ce sacre historique en Ligue des champions, c'est tout un peuple qui exulte. Mais au-delà des larmes de joie et des fumigènes qui embrasent la capitale, c'est la nature même de cette consécration qui interpelle. Invité au micro de BFMTV dans l'euphorie des célébrations, David Ginola, l'icône absolue du Parc des Princes des années 90, a livré une analyse aussi vibrante que lucide sur la métamorphose d'un club autrefois clivant, aujourd'hui universellement respecté.



Du bling-bling à l'institution : la fin des illusions



Pour "El Magnifico", ce titre n'est pas le fruit du hasard ou d'un simple coup de force financier. Il couronne une révolution culturelle profonde. Pendant une décennie, le PSG version QSI a empilé les superstars planétaires – de Beckham à Messi, en passant par Neymar – dans une quête frénétique de glamour qui a trop souvent nui à la cohérence tactique et à l'identité de l'équipe.



Ginola, qui a connu l'époque dorée du PSG de Canal+ (1992-1995), champion de France et habitué des épopées européennes aux côtés de guerriers magnifiques comme George Weah, Bernard Lama ou Valdo, sait ce que signifie l'exigence du très haut niveau. "On a enfin un club qui parle à tout le monde", s'est-il réjoui. Exit l'individualisme forcené et les passe-droits ; place à un collectif soudé, équilibré, et habité par une ferveur populaire retrouvée qui transcende les clivages.



Le respect universel, la plus belle des conquêtes



Ce que souligne l'ancien maestro au pied gauche soyeux, c'est la conquête des cœurs. Longtemps perçu hors de nos frontières comme un "nouveau riche" arrogant et déconnecté des réalités du rectangle vert, le PSG a radicalement changé d'image. Sous la houlette d'un staff technique qui a su imposer un pressing étouffant et une discipline de fer, Paris a séduit les puristes du football.



Les masterclass tactiques de cette campagne européenne ont forcé le respect des places fortes du football mondial, de Madrid à Manchester. En redevenant une équipe de football avant d'être une marque de mode, le PSG a validé le crédo de Ginola : le talent individuel permet de gagner des matchs, mais seul un collectif habité par une âme permet de soulever des montagnes.



En soulevant enfin la coupe aux grandes oreilles, le PSG a chassé ses vieux démons, des traumatismes de la remontada aux désillusions chroniques. Il a surtout réconcilié son passé romantique avec son présent doré. Comme le résume si bien David Ginola, Paris a cessé d'agacer pour enfin se faire aimer. Et c'est peut-être là sa plus belle victoire.